Au moment de faire notre quatrième descente en luge, j’ai dit à Svetlana : « On va attendre un peu, les deux piétons sur la piste avec leurs gosses ne m’inspirent pas confiance. ». Au bout de trois minutes, ils se sont tous les quatre mis de côté et ont continué à marcher après le grand virage. On a donc commencé la descente en considérant qu'ils avaient pris la décision de rester sur le côté de la piste mais, évidemment, on s’est retrouvé nez à nez avec toute la smala à nouveau en plein milieu de la piste en sortie de virage, et dos face à la descente, le smartphone collé à l’oreille. J’ai pu éviter la grosse conne (ben oui, on peut cumuler), puis le gros con, mais leur gamin, pas plus dégourdi que ses parents, s’est figé devant nous. J’ai dû coucher la luge pour ne pas le percuter.
En me relevant, j’ai vu que le couple faisait comme si de rien n’était, aucune excuse, aucune question pour s’informer si l’on s’était fait mal. Dans un premier temps, j’ai poliment dit au mari qu’ils se mettaient en danger et mettaient également les autres en danger en restant en plein milieu de la piste. Le mari s’est alors justifié en disant qu’ils allaient « là-bas », avec un air à la fois péteux et bovin (ce n’est pas incompatible).  Je l’ai alors apostrophé avec « Vous êtes un gros con avec une cervelle de moineau ». Pas de réaction, mais ils se sont enfin mis sur le côté de la piste et ont continué tranquillement leur promenade. On aurait dit une transhumance de bétail.
Comme on n’avait rien (à part des vêtements dégueulasses à cause de la boue), on est allé manger une raclette à l’ancienne.
Voilà ma bonne dame comment l'affaire s'est déroulée